Soulèvement armé contre le fascisme en côte d'Ivoire: qui a trahi la lutte ?
Le soulèvement armé visant à renverser le pouvoir dictatorial, impopulaire et illégitime de Laurent Gbagbo n'a pu aboutir le 19 septembre 2002. Ni les jours suivants. Ni les mois suivants. Il n'a pu aboutir jusqu'à présent. Il s'est toujours trouvé un traître, peut-être le même, pour vendre la mèche à l'ennemi, et torpiller le mouvement. Son action a eu pour conséquence la mort inutile de trop de personnes innocentes. Un carnage qui aurait pu être évité si ce traître - ou ces traîtres - n'avai(en)t pas été là. Car, en réalité, le changement devait se faire sans effusion de sang.
Déjà le 19 septembre, un maillon a fait défection dans la chaîne de commandement, provocant l'arrêt des opérations à Abidjan, faute d'approvisionnement en munitions. Les insurgés ont alors été obligés de se replier sur Bouaké et de prendre le contrôle des 2/3 du territoire national. Lorsque les négociations ont commencées sous l'égide de la communauté internationale, à Lomé, puis à Linas-Marcoussis, les émissaires du mouvement, dont Guillaume Soro, rendaient compte à intervalles réguliers, au chef de la rébellion, le major IB, de l'évolution de la situation.
"Excellence", de son nom de code, ne pouvait pas se montrer à visage découvert à ce moment-là. En effet, il bénéficiait de l'asile politique au Burkina Faso, et sa présence aurait permis à la France de déclarer la guerre à ce pays au nom des accords de défense franco-ivoiriens. Malheureusement, les négociateurs du Mouvement patriotique de Côte d'Ivoire (MPCI) ne seront pas à la hauteur. En désespoir de cause, "Major" décidera donc de rentrer au pays prendre officiellement la tête du mouvement et faire aboutir la lutte.
Le traître qui s'était encore signalé en faisant échouer les négociations, fera parler de lui. En effet, Major ayant décidé de faire un détour par la Belgique voir sa famille sur le chemin du retour, est contraint de passer par Paris, où il sera arrêté quelques jours plus tard et inculpé pour tentative de recrutement de mercenaires en vue de renverser le pouvoir d'Abidjan. La nouvelle de son arrestation connue, c'était curieusement la fête à Bouaké.
A partir de ce moment, Guillaume Soro commencera à manoeuvrer de plus en plus ouvertement, pour prendre la tête du mouvement. Il le rebaptisera "Forces nouvelles", fera passer par les armes tous ceux qui affirmeront être restés fidèles à Major, et s'installera dans les meubles. Depuis, que de sang versé au sein-même de la rébellion!
Last but not least, un dialogue dit direct s'engagera à partir de ce moment entre Soro et l'ennemi d'hier, Laurent Gbagbo, qui aboutira à la nomination du chef autoproclammé de la rébellion au poste de Premier ministre de Côte d'Ivoire ! Concrètement, aucune avancée n'aura été enregistrée sur le terrain, ni avant, ni après cette nomination. Aujourd'hui, le pays est encore - et fort heureusement d'ailleurs - coupé en deux, parce que les rebelles refusent de déposer les armes, de plus en plus convaincus que leur lutte a été dévoyée.
A ce jour, les cartes nationales d'identité ne sont toujours pas confectionnées, ce qui laisse penser que si jamais les rebelles rendaient les armes, la citoyenneté serait de plus belle, refusée aux ressortissants du Nord. Ce qui était l'une des raisons fondamentales du déclenchement des hostilités.
Malgré toute cette évidence, Guillaume Soro et ses hommes s'évertuent à démontrer que c'est le Major IB qui a trahi la lutte, et que Soro a toujours été le chef du mouvement. IB est traité de lâche, d'illettré, de vendu, de complice de Gbagbo, alors que c'est Soro qui est Premier ministre, et qui se ballade en toute liberté à Abidjan. Pire, chaque fois que Ibrahima Coulibaly - qui a entre temps troqué le treillis contre la veste - manifeste l'intention de rentrer au pays afin de prendre part aux élections, le pouvoir d'Abidjan et celui de Bouaké font courrir le bruit qu'il s'apprête à exécuter un coup d'état militaire.
Ainsi donc, les deux camps - supposés opposés - peuvent se mettre d'accord pour arrêter et exécuter tous ceux qu'ils jugent proches de leur ennemi commun (?!?). Jusqu'à quand ce sang innocent coulera-t-il en Côte d'Ivoire? Pendant combien de temps la communauté internationale cautionnera-t-elle cette impunité? Et en définitive, qui a réellement trahi la cause?
Déjà le 19 septembre, un maillon a fait défection dans la chaîne de commandement, provocant l'arrêt des opérations à Abidjan, faute d'approvisionnement en munitions. Les insurgés ont alors été obligés de se replier sur Bouaké et de prendre le contrôle des 2/3 du territoire national. Lorsque les négociations ont commencées sous l'égide de la communauté internationale, à Lomé, puis à Linas-Marcoussis, les émissaires du mouvement, dont Guillaume Soro, rendaient compte à intervalles réguliers, au chef de la rébellion, le major IB, de l'évolution de la situation.
"Excellence", de son nom de code, ne pouvait pas se montrer à visage découvert à ce moment-là. En effet, il bénéficiait de l'asile politique au Burkina Faso, et sa présence aurait permis à la France de déclarer la guerre à ce pays au nom des accords de défense franco-ivoiriens. Malheureusement, les négociateurs du Mouvement patriotique de Côte d'Ivoire (MPCI) ne seront pas à la hauteur. En désespoir de cause, "Major" décidera donc de rentrer au pays prendre officiellement la tête du mouvement et faire aboutir la lutte.
Le traître qui s'était encore signalé en faisant échouer les négociations, fera parler de lui. En effet, Major ayant décidé de faire un détour par la Belgique voir sa famille sur le chemin du retour, est contraint de passer par Paris, où il sera arrêté quelques jours plus tard et inculpé pour tentative de recrutement de mercenaires en vue de renverser le pouvoir d'Abidjan. La nouvelle de son arrestation connue, c'était curieusement la fête à Bouaké.
A partir de ce moment, Guillaume Soro commencera à manoeuvrer de plus en plus ouvertement, pour prendre la tête du mouvement. Il le rebaptisera "Forces nouvelles", fera passer par les armes tous ceux qui affirmeront être restés fidèles à Major, et s'installera dans les meubles. Depuis, que de sang versé au sein-même de la rébellion!
Last but not least, un dialogue dit direct s'engagera à partir de ce moment entre Soro et l'ennemi d'hier, Laurent Gbagbo, qui aboutira à la nomination du chef autoproclammé de la rébellion au poste de Premier ministre de Côte d'Ivoire ! Concrètement, aucune avancée n'aura été enregistrée sur le terrain, ni avant, ni après cette nomination. Aujourd'hui, le pays est encore - et fort heureusement d'ailleurs - coupé en deux, parce que les rebelles refusent de déposer les armes, de plus en plus convaincus que leur lutte a été dévoyée.
A ce jour, les cartes nationales d'identité ne sont toujours pas confectionnées, ce qui laisse penser que si jamais les rebelles rendaient les armes, la citoyenneté serait de plus belle, refusée aux ressortissants du Nord. Ce qui était l'une des raisons fondamentales du déclenchement des hostilités.
Malgré toute cette évidence, Guillaume Soro et ses hommes s'évertuent à démontrer que c'est le Major IB qui a trahi la lutte, et que Soro a toujours été le chef du mouvement. IB est traité de lâche, d'illettré, de vendu, de complice de Gbagbo, alors que c'est Soro qui est Premier ministre, et qui se ballade en toute liberté à Abidjan. Pire, chaque fois que Ibrahima Coulibaly - qui a entre temps troqué le treillis contre la veste - manifeste l'intention de rentrer au pays afin de prendre part aux élections, le pouvoir d'Abidjan et celui de Bouaké font courrir le bruit qu'il s'apprête à exécuter un coup d'état militaire.
Ainsi donc, les deux camps - supposés opposés - peuvent se mettre d'accord pour arrêter et exécuter tous ceux qu'ils jugent proches de leur ennemi commun (?!?). Jusqu'à quand ce sang innocent coulera-t-il en Côte d'Ivoire? Pendant combien de temps la communauté internationale cautionnera-t-elle cette impunité? Et en définitive, qui a réellement trahi la cause?
Publicité