Côte d'Ivoire: la responsabilité, la honte et les politiciens de la refondation

Publié le par Dozowoulé

Laurent Gbagbo et les faucons du Front populaire ont en aversion le mot responsabilité. Ils expliquent le marasme dans lequel se noie notre pays par le fait que "Gbagbo n'a pas pu gouverner". Comme si quelqu'un l'en avait empêché, lui qui s’accroche à un pouvoir acquis de façon calamiteuse (sic !).

Chaque fois qu'un ministre de la République veut se défaire d'un petit directeur incompétent, ce dernier engage un bras de fer en disant que "c'est Gbagbo qui m'a nommé par décret. Seul lui peut me démettre.." Ainsi donc, Gbagbo a un pouvoir...

Lorsque les autorités ont voulu sanctionner les responsables de l'affaire des déchets toxiques, ces derniers ont repris leur poste avec la bénédiction du chef de l'état. Car donc, Gbagbo a un pouvoir...
L'actuel directeur général de la Radiodiffusion télévision ivoirienne (RTI) a été installé par les gendarmes et les miliciens de Gbagbo. Pareil pour son compère du quotidien gouvernemental Fraternité Matin. Or donc, Gbagbo a un pouvoir...

Les exemples foisonnent, des pitreries de celui-là même qui a déclaré être assis sur un fauteuil et non un banc présidentiel, histoire de dire qu'il n'est pas prêt à partager son pouvoir avec un Premier ministre...
Lorsqu'on observe la bande d'incapables et d'incompétents qui nous gouverne à l'œuvre, on est partagé entre le dégoût et la pitié. Le dégoût pour des bandits à cols blancs, et la pitié pour notre pays, la Côte d'Ivoire, qui est décidément tombé bien bas.

Attitude de Gbagbo dans l'opposition

A la naissance du FPI, le discours était rassembleur. Houphouët-Boigny était le diable, celui qui s'était immensément enrichi sur le dos des masses laborieuses. Me Lanciné Gon Coulibaly, alors numéro 2 du parti, disait aux populations du Nord qu'elles étaient les premières victimes de la politique d'Houphouët. Qu’il s'était servi des nordistes pour asseoir son pouvoir là où ses parents du Centre l'avaient renié. Dans le même temps, Laurent Gbagbo demandait aux descendants des refugiés Nigérians de l'épisode du Biafra: "Où voulez-vous aller? Vous êtes ici chez vous. C'est Houphouët, le suppôt de la France, qui est à l'origine des malheurs de vos parents… " Mais toujours à la même époque, en 1990, dans la commune d'Abobo, des Bétés, gens de l'ethnie de Gbagbo marquaient des habitations appartenant à des Dioulas, populations ressortissantes du Nord, en disant: "Quand Gbagbo sera président, cette maison me reviendra. Nous allons tous vous chasser, espèces d'étrangers..." L'affaire avait fait grand bruit, mais les responsables du parti avaient alors fait croire à une manœuvre du PDCI, ancien parti unique, pour salir l'opposition.

Malgré ces signaux évidents, c'était l'époque des belles promesses de justice et d'équité pour tous les citoyens et de développement pour toute l'Afrique. Car les "professeurs" avaient la solution à tous les maux de l'Homme Noir.


Prise du pouvoir dans le sang


Malgré sa bonne volonté et ses promesses faramineuses, le FPI n'est jamais parvenu à réunir 20% des intentions de vote dans les meilleurs sondages. En 1993, la scission du PDCI et la naissance du RDR n'a pas affaibli l'ancien parti unique, ni condamné le Rassemblement des Républicains, sorti de ses entrailles. Alors, il ne restait qu'une seule solution: forcer le destin, avec l’aide des camarades du Parti socialiste français sera nécessaire. L’occasion tant attendue se présente en 1999, lorsque le général Guéi Robert renverse le Président Henri Konan Bedié. Cet acte, la Côte d'Ivoire va le regretter amèrement...

Au général Guéi qu'il voit maintenant toutes les nuits, Gbagbo propose son soutien contre un poste de Premier ministre. Ces propos sont appuyés par l'ambassadeur de France à Abidjan, qui applique alors les recommandations de la rue Solferino. Le cardinal Bernard Agré et la conférence épiscopale entrent dans la danse, car celui qui a alors le plus de chances de succéder au général, c'est Alassane Ouattara, un nordiste, un Musulman, un Dioula. Pour les responsables de l'église ivoirienne, les Chrétiens - Henri, Laurent et Robert - peuvent se battre pour le pouvoir, mais pas question qu'il tomba entre les mains d'un Musulman. Le Vatican n'avait-il pas élevé une voix de protestation lorsque le même Alassane Ouattara (tiens, tiens!), alors Premier ministre d'Houphouët, avait confié le portefeuille des Affaires étrangères à Essy Amara, un Musulman?
Tout sera fait pour isoler le général Guéi et l'éliminer au propre comme au figuré. Oubliées les belles intentions, le FPI s'empare alors des médias d'état pour inciter les populations du Sud à la haine tribale et religieuse contre les nordistes et les Musulmans. Les pions de Gbagbo dans les forces de défense et de sécurité, appuient ses miliciens dans la rue, et il s'assoit enfin dans un fauteuil présidentiel barbouillé de sang.


Première attitude au pouvoir


Gbagbo au pouvoir, c'est d'abord la morgue. Ses alliés du PS français vont jusqu'à regretter de l'avoir aidé: "On déroule un tapis rouge pour lui et il pisse dessus". Abidjan est sens dessus-dessous. A grands renforts de publicité sur les antennes nationales, Sudistes et Chrétiens deviennent les propriétaires du pays et s'octroient le pouvoir de décider qui est "Ivoirien" et qui ne l'est pas. Le plus petit avorton du coin, pour peu qu'il soit Bété ou Ebrié, est investi du pouvoir de décider qui peut briguer la magistrature suprême et qui ne peut pas le faire. Bien sûr, tous les regards se tournent alors vers les gens du Nord et "leur" Alassane Ouattara, jugés trop proches des étrangers pour être de vrais ivoiriens.

Des gens sont assassinés, dépouillés de leurs biens, violés par les nouveaux propriétaires du pays. Aux opérateurs économiques français, libanais et autres, qui plient bagages pour fuir cette atmosphère d'insécurité, Gbagbo n'a eu qu'un seul mot: "Laissez-les partir! Laissez-les, ils vont revenir parce que sans nous, ils ne sont rien..."

Ce qui devait arriver arriva, certains des ivoiriens qui ne se retrouvaient plus dans cette haine, cette insécurité et cette misère décident de prendre les armes le 19 septembre 2002.


Deuxième attitude de Gbagbo au pouvoir


Les refondateurs au pouvoir, s’agrippent à la RTI et à des quantités de journaux fabriqués à perte pour intoxiquer la masse. Lorsque la guerre éclate, les généraux sont écartés et les pauvres soldats sont jetés au front par des stratèges de salon. C'est la débâcle. Une poignée de rebelles viennent à bout de l'armée. La police vient à la rescousse. Les revers se succèdent. Finalement, c'est l'armée française déployée dans le tiers sud du pays, qui réussit à empêcher les rebelles de prendre le pouvoir. Mais que croyez-vous que Gbagbo et ses plaisantins diront des Français? Aucune reconnaissance. Rien que des injures et des méchancetés gratuites. Ah, ingratitude, quand tu nous tiens.

Dans le privé, Gbagbo demande toujours pardon et jure que les blocages viennent de son entourage. Mais une fois qu'il se retrouve devant ses partisans, il retrouve sa grande gueule. Les investisseurs tardent à "revenir" ? On ne sait pas ce que c'est que la honte. Et puis, qu’à cela ne tienne, les "refondateurs" sont déjà tous devenus milliardaires. La gestion tant décriée d'Houphouët de la filière café-cacao n'a pas été améliorée. Au contraire, des analphabètes ont été propulsés à la tête de structures toutes plus nulles les unes que les autres, de sorte qu'on ne puisse aujourd’hui, que regretter la défunte Caisse de stabilisation. Par ailleurs, il a fallu que la Banque mondiale frappe du poing sur la table, pour que la saignée du secteur pétrolier s'arrête. Et encore... Enfin, on n'en sait toujours pas plus sur le diamant et l'or ivoiriens, aujourd'hui sous Gbagbo que hier, sous Houphouët.


Le double langage du Woudy de Mama – le "garçon" de Mama, village natal de Gbagbo – est considéré par ses partisans comme une marque d’intelligence. Il a signé les accords de Marcoussis qui consacraient sa défaite militaire, mais a refusé de les appliquer. Il en fera de même avec quantité d’autres accords de paix. Le dernier en date, celui de Ouagadougou, subira sans doute le même sort, le jour où Gbagbo estimera avoir endormi tout le monde pour pouvoir lancer une énième offensive militaire contre Bouaké, dans le but de reprendre le contrôle total du territoire. Lorsqu’on connaît la communauté internationale comme lui il la connaît, c’est une probabilité avec laquelle il serait idiot de ne pas compter. S’il prend une nouvelle raclée, il pourra toujours continuer d’accuser son entourage…

Ainsi va la Côte d’Ivoire depuis bientôt une décennie. Des gens bien identifiés ont tué, violé et pillé les biens d’autrui. Ils n'ont jamais rendu compte de leurs forfaits. Au lieu d'agir dans le sens de la justice, la communauté internationale a choisi, à l’époque, de maintenir ce pouvoir incapable et minoritaire en freinant la grande majorité des Ivoiriens qui ont honte de ce qu'est devenu leur pays. Aujourd’hui, cette même communauté internationale semble dire qu'on ne peut pas faire traîner les choses indéfiniment, et que le moment est venu de "sortir de la crise". Mais comment peut-on en sortir si on refuse d'appeler les choses par leur nom? Gbagbo ne peut pas rester ad vitam aeternam président. Il faut d'une manière ou d'une autre le mettre de côté et organiser les élections. A l’issue de ces joutes que tout le monde souhaite transparentes et démocratiques, le nouveau Président devra arrêter toute cette bande de malfrats et leur faire payer tout le mal qu'ils ont fait à la Côte d'Ivoire. C’est alors, et seulement alors que la Côte d’Ivoire redeviendra une, et tirera un trait sur son douloureux passé.

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Publié dans Politique

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K
Merci monsieur de denoncer tous ces abus. Nous sommes obliges de partager le meme pays, le meme continent et la meme planete avec cette racaille qui s'est reserve le droit de dire qui est "ivoirien" et qui ne l'est pas. On n'y peut rien et c'est vraiment dommage
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D
<br /> <br /> Pas de quoi. C'est un devoir citoyen. C'est pourquoi nous nous sommes baptisés Mouvement patriotique de Côte d'Ivoire (MPCI)<br /> <br /> <br /> <br />