Côte d'Ivoire: Gbagbo et ses Dioulas de service
Le Président Laurent Gbagbo était convaincu que la prise du pouvoir passait par l'extermination des Dioula. Il s’est approprié cette expression : « mille morts à gauche, mille morts à droite, moi, j’avance ! » Mais pour ne pas se faire passer pour ce qu’il est, il a pris la précaution de garder auprès de lui des marionnettes qu’il brandit chaque fois que l’occasion se présente, ses « Dioulas de service ».
La Côte d'Ivoire a effectivement frôlé le pire en 2000. En témoigne le charnier de Yopougon. Ou encore les responsables des formations sanitaires d'Abidjan. La majorité des personnes évacuées pendant cette période étaient originaires du Nord ou des pays voisins, de confession Musulmane et présentaient des blessures par balles ou à l'arme blanche. Pour les morts de la même période, les morgues du pays sont là pour témoigner devant l’histoire. Seuls, les inconscients qui refusent d’admettre l’évidence, ou les malhonnêtes qui la nient continuent de parler de « guerre imposée à notre pays » ou de pays attaqué par des étrangers.
Au cours de cette période, quantités d'innocents ont été exécutés en toute impunité, pour leur appartenance ethnique et religieuse. La communauté internationale et les organisations internationales de défense des droits humains se sont contentées de "condamner" ces exactions. Jusqu'à ce que des Ivoiriens, en majorité des ressortissants du Nord, décident de se défendre contre l'oppresseur à armes égales. C'est ainsi qu'il y a eu le coup d'état du 24 décembre 1999 contre le Président Henri Konan Bédié, et le soulèvement du 19 septembre 2002, contre Laurent Gbagbo.
Bédié, parce que la guerre aux "Dioula" a honnêtement commencé lorsqu'il était au pouvoir. Il cherchait à se débarrasser de son rival, Alassane Dramane Ouattara, et n'avait rien trouvé d'autre que de nier la citoyenneté à ceux qui étaient susceptibles de lui accorder leurs voix en cas de vote tribal: les nordistes et les Musulmans. C'est cette "ivoirité" qui a été reformulée et mise en application par Laurent Gbagbo, lorsqu'il décida d'arracher le fauteuil présidentiel au général Robert Guéi.
Pour le Front populaire ivoirien (FPI) et son leader, Laurent Gbagbo, il fallait donc absolument museler la très forte communauté Dioula. Un seul moyen à leur disposition pour parvenir à leurs fins: la violence. Se servir des officiers sudistes pour ordonner de tuer lors des attroupements, mais aussi former et armer des miliciens dans le but de prendre et conserver le pouvoir d'état. Il réussira à le faire, même s'il ne contrôle que le tiers du pays. Pour faire croire à la communauté internationale que son pouvoir n'est pas tribal et qu'on lui fait un faux procès, le président Gbagbo brandit ses "Dioulas de service".
Dès le départ, il a placé Mamadou Koulibaly. Il lui a offert le poste de président de l'Assemblée nationale, faisant de lui le virtuel numéro 2 du régime. Celui qui avait occupé ce "poste" jusqu'alors, Sangaré Abou Drahamane, ayant perdu la voix lorsqu'il a découvert le vrai visage de ses camarades socialistes. Les observateurs auront compris. Donc Sangaré au garage, et place à Koulibaly. Avec ce dernier, les rares nordistes encore en activité au FPI sont boostés. C'est ainsi que Konaté Navigué se voit confier la tête de la jeunesse du parti, pendant que Diabaté Beh atterrit au Conseil économique et social, en bonne posture derrière le président Laurent Dona Fologo, lui aussi nordiste mais militant à l'époque au PDCI-RDA.
Mais Gbagbo ne s'arrête pas en si bon chemin. Il s'offre une seconde épouse, en la personne de Nadiata Bamba, journaliste, et bien entendu originaire du Nord. Les Dioulas de service sont aux anges pendant que leurs parents sont martyrisés, et traités d'étrangers dans leur propre pays. Villas, voitures, argent et gardes du corps, ils sont grassement payés pour leur collaboration. De temps à autre, il leur est demandé de mener des actions vers leurs parents, qu'ils font défiler pour des miettes au palais présidentiel. Les slogans se succèdent: "Gbagbo n'est pas contre les nordistes", "le Nord soutient Gbagbo", "Nous avons été trompés", etc. Dernier à défrayer la chronique, Koné Boubacar. Enseignant à l'université, il est parachuté ambassadeur en Afrique du sud où il sévit contre les ressortissants du Nord qui ont la fâcheuse manie de dénoncer le régime de Gbagbo à l'extérieur. Il vient d'être rappelé à Abidjan pour occuper le poste de directeur du protocole de la présidence de la République.
Les élections pointent du nez. Gbagbo doit refaire son image. Au cas où il serait contraint d'aller aux élections, il craint un vote sanction des populations du Nord. Ceci expliquant cela. Alors, depuis que la date du 30 novembre 2008 a été arrêtée pour les présidentielles, les milliards des caisses noires prennent la route du Nord, où ses Dioulas se sont organisé pour acheter la conscience de leurs parents et leur faire oublier le mal qu'ils ont souffert pendant de si longues années...