Élections en Cote d’Ivoire : un autre report serait catastrophique…
Le feuilleton Gbagbo n’aura donc jamais de fin en Cote d’Ivoire. L’homme n’a de cesse de tout faire pour paralyser le processus de paix et reporter indéfiniment les élections. Car, ce n’est un secret pour personne, Laurent Gbagbo ne veut pas des élections. Pendant que ses troupes attaquent les centres d’identification chargés de délivrer des cartes d’identités aux citoyens et d’établir les listes électorales, ses journaux font le forcing pour imposer une nouvelle date : octobre 2009!
Les élections présidentielles auraient du avoir lieu en 2001, Laurent Gbagbo ayant lui-même reconnu avoir été élu dans des conditions calamiteuses (sic!). Pourtant, envers et contre la volonté du peuple de Cote d’Ivoire, la communauté internationale a exigé qu’il termine son mandat. Le soulèvement militaire a donc abouti à la division du pays en deux morceaux. Plus tard, non seulement il n’y aura pas d’élection en 2005, mais depuis, le chef de la Refondation ne fait que trouver ou provoquer des prétextes pour repousser cette échéance qu’il lui sait fatidique.
Les accords de paix, il en a signé des quantités, mais n’en a appliqué aucun. A ceux qui lui reprochaient sa mauvaise foi, il a rétorqué que ceux de Ouagadougou étaient les derniers. Sa sulfureuse épouse s’est alors empressée de le démentir et n’a jamais ménagé ses efforts pour les saboter. La date du 30 novembre 2008, c’est lui qui la proposée librement. Pensant peut-être qu’elle n’arriverait jamais.
Ce sont des milliards et des milliards de nos francs que la communauté internationale a mis sur le tapis pour l’organisation des élections.
L’operateur chargé de fabriquer les nouvelles cartes nationales d’identité, la Sagem, a longtemps hésité avant de faire venir son matériel. Et pour cause. Depuis qu’il est aux affaires, les militants, miliciens et autres agitateurs professionnels du Front populaire ivoirien ont toujours cassé, volé, pillé et tué en toute impunité. Les faits prouvent aujourd’hui que Sagem n’avait pas tort.
Mais, tout d’abord, les opérations d’identification ne se déroulent pas conformément à ce qui est dit sur les ondes et dans les medias. Théoriquement, le citoyen ne doit se rendre dans le centre d’identification le plus proche de son domicile que muni d’un extrait d’acte de naissance ou de jugement supplétif, ou d’un certificat de nationalité selon qu’il ait voté ou non en 2000, et de la date de naissance de ses parents. En réalité, le formulaire rempli à la fois par la Commission électorale indépendante (autorité reconnue), l’institut national de statistique (à la solde du FPI seul) et Sagem, est le même que celui des cartes d’identités dites Gbagbo tant décriées avant la guerre. Le citoyen est obligé de décliner les noms et prénoms, et lieu de naissance de ses parents, libre à l’agent recenseur de lui attribuer la nationalité de son choix, ou de cocher ce que bon lui semble sur les fiches de renseignement, d’autant plus que l’intéressé n’a pas son mot à dire sur le document final.
Malgré toutes ces énormités, les Ivoiriens se rendent dans les centres d’identification, décidés à tourner la page, en participant massivement au vote. C’est donc parce qu’il faisait face à une telle détermination, que Laurent Gbagbo a décidé de jouer son va-tout en lançant ses troupes dans la rue, au motif que trop de Dioulas se font enrôler, les Dioulas étant bien entendu les ressortissants du Nord. A Cocody, puis à Williamsville, des étudiants armés de pistolets ont ainsi attaqué des centres, brutalisant les agents et emportant les valises de la Sagem. Mêmes scènes de désolation quelques jours plus tard au Plateau. Et comme toujours, les délinquants agissent en toute liberté et en toute impunité.
La communauté internationale va-t-elle encore maintenir Laurent Gbagbo au pouvoir après le 30 novembre 2008? Pendant combien de temps encore le calvaire du peuple de Cote d’Ivoire va-t-il durer? Chaque jour qui passe sous Gbagbo appauvrit davantage les Ivoiriens. Chaque jour qui passe en rajoute à notre calvaire. Viendra-t-il enfin le Messie qui va nous libérer?